2. Patrimoine et archéologie

Par Jean-Claude Papinot

La réalité historique n'ayant rien à voir avec les délimitations administratives modernes  - les communes par exemple - les archéologues ont créé le concept du "Val de Civaux" pour présenter d'une façon cohérente les vestiges conservés ou retrouvés dans cette partie de la vallée de la Vienne.

  Le Val de Civaux s'étend de part et d'autre de la rivière sur une bande de terre d'une douzaine de kilomètres entre Salles-en-Toulon au nord et Lussac-les-Châteaux au sud. Civaux se situe à peu près au centre. Le musée de Civaux comme les ouvrages publiés ont adopté cette unité géographique que l'on retrouvera dans ce chapitre. Les  vestiges préhistoriques lussaquois remarquablement présentés désormais au musée de Lussac, ne seront pas évoqués ici pour ces raisons.

 

  La topographie de la vallée, avec ses escarpements rocheux, sa large plaine et sa rivière navigable, a favorisé à chaque période l'installation ou le refuge des hommes ainsi que le développement des activités économiques. Le site archéologique est exceptionnel du fait non seulement du nombre de vestiges visibles aujourd'hui et des découvertes effectuées au cours des recherches - essentiellement au XXème - mais aussi parce que ceux-ci concernent toutes les époques depuis la préhistoire ancienne jusqu'à nos jours. Tout au long du XXème siècle, les historiens et les archéologues ont tenté de restituer la très longue histoire de Civaux, ajoutant aux monuments visibles et aux légendes - comme celle de la bataille de Clovis contre Alaric ou le combat de Girart de Roussillon contre le roi Charles ou encore celle de l'échouage du corps de Saint Sylvain - de nouveaux indices et de nouveaux éléments pour tenter de résoudre "l'énigme de Civaux".

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  • Association Amis du Pays de Civaux

    Documentaires audiovisuels. Le site historique dit du "val de Civaux", situé à trente kilomètres au sud-est de Poitiers (Vienne 86), s'étend de part et d'autre de la rivière (la Vienne), sur une bande de terre d'une douzaine de kilomètres, entre les bourgs de Salles-en-Toulon au nord, et de Lussac-les-Châteaux au sud. Civaux en constitue le centre, mais le site empiète sur les communes limitrophes de Lussac-les-Châteaux et Mazerolles au sud et de Valdivienne au nord. Civaux est un lieu d'histoire privilégié pour trois raisons majeures : sa pérennité, le rare privilège d'avoir conservé, visibles ou enfouis, de nombreux vestiges de toutes les époques depuis la préhistoire, et enfin le fait d'avoir été concerné par de grandes mutations historiques comme par exemple l'avènement du christianisme. Entre les témoignages de la présence des premiers hommes préhistoriques recueillis en ce lieu et la construction de la Centrale nucléaire, 350.000 ans ont passé. Quatre chercheurs, historiens et archéologues, Jean AIRVAUX, Dominique SIMON-HIERNARD, Brigitte BOISSAVIT-CAMUS, Jean-Pierre PAUTREAU et Jean-Claude PAPINOT s'associent à l'instituteur de Civaux, Alain MOREAU et aux enfants du village, pour nous raconter ici, l'archéologie, l'histoire et les légendes de Civaux, depuis la préhistoire jusqu'à la fin du Moyen Âge et partager avec nous les "mystères" de Civaux, notamment sa nécropole mérovingienne et sa "pluie de sarcophages".

  • Bénédicte PALAZZO-BERTHOLON

    Recherche de terrain filmée. "Les sciences au service de l’archéologie : les dernières études de l’église de Civaux" est l'enregistrement d'une conférence donnée par Bénédicte Palazzo-Bertholon, archéologue, chercheuse associée au CESCM (Centre d’études supérieures de civilisation médiévale), spécialiste de la mise en œuvre des décors muraux du Moyen Âge [archéologie et archéométrie], de l'archéologie du bâti religieux de l’Antiquité Tardive et du haut Moyen Âge et des dispositifs de pots acoustiques dans les églises médiévales et modernes. Cette conférence présente les premiers résultats de l'étude menée avec Brigitte Boissavit-Camus (enseignant-chercheur à l'Université de Nanterre) sur l'abside de Civaux durant les travaux de rénovation de l’été 2013. Après une présentation des techniques employées (analyses des mortiers, datation du charbon de bois et études des joints rouges), Bénédicte Palazzo-Bertholon expose le phasage chronologique précis sur plus de 17 siècles des modifications effectuées sur le monument depuis l’origine jusqu’aux dernières restaurations.

  • Un riche patrimoine

    La vallée, avec ses escarpements rocheux, sa large plaine et sa voie navigable, a toujours été un lieu privilégié d'installation de campements, de refuges ou villages, tout comme un carrefour propice au développement des activités économiques. Elle fut aussi le siège de nombreux combats. Rares sont les sites de la région qui ont livré autant de témoignages remarquables de toutes les époques de notre histoire : outillage et art de la préhistoire, sanctuaires et sépultures de la période néolithique jusqu'à la fin de l'époque gauloise, demeures, temples, édifices civils, cimetières gallo-romains, baptistère, église, chapelles, nécropole, châteaux médiévaux.  De tous ces vestiges, l'un est exceptionnel : la nécropole mérovingienne. 

  • Les légendes

    Avant que les travaux historiques tentent d'élucider rationnellement les multiples interrogations que posent les rites anciens, les hommes croyaient volontiers à des interventions d'ordre surnaturel quant à l'origine de ces monuments ou faits qui leur semblaient mystérieux. Sans pouvoir dire comment ni à quelle époque elles sont nées, ces légendes, transmises par les traditions orales, prouvent l'importance et l'adhésion qu'on leur a portées pendant des siècles. Il faut dire que rares sont celles qui ne servirent qu'à divertir. Elles sont souvent porteuses d'un message et cherchent parfois à inculquer des principes éthiques, une "morale". C'est le cas de l'histoire de la Tombe du Cornemuseux à Civaux. D'autres proposent des réponses à des interrogations troublantes, comme les légendes expliquant la multitude des sarcophages de la nécropole. Certaines enfin contribuent à prouver la puissance prodigieuse des déités - et notamment après l'avènement du du Christianisme - du Dieu chrétien et des saints, souvent protecteurs ou guérisseurs, comme l'illustre l'histoire de saint Sylvain. L'échouage du corps de Saint Sylvain comme la victoire de Clovis concernent des faits historiques de la plus grande importance : la propogation du christianisme en Gaule et sa pérennité par l'organisation d'une église indivisible ayant triomphé de certains schismes. Rappelons que le combat de Saint hilaire de poitiers au IVe siècle était déjà la lutte contre l'arianisme. 

  • Recherches et découvertes archéologiques

    Pendant très longtemps, la nécropole mérovingienne retient seule l'intérêt des érudits. Toutefois, les découvertes archéologiques mettent peu à peu en évidence l'ancienneté du site. Le mystère de la nécropole alors dit l' "Enigme de Civaux". Découvrez l'histoire des recherches et des découvertes du Val de Civaux, les archéologues et historiens, professionnels et amateurs qui se sont succédés, et l'implication des civausiens eux-mêmes dans les recherches.